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Résilience, quand l’épidémie à Covid-19 bouleverse le milieu de l’EVASAN.

By 14 octobre 20215 Commentaires

Avec la pandémie de COVID-19, devant l’embolisation de certaines structures hospitalières par l’afflux de patients et les restrictions de circulation internationale, la médecine extra hospitalière a dû faire face à des situations inédites en France.

Dans ce contexte particulier, la régulation médicale est devenue très complexe, que ce soit en amont avec la régulation de l’arrivée des patients vers les urgences ou les soins intensifs, ou bien en aval, avec l’organisation de transfert sur de courtes, moyennes ou longues distances de patients en situation critique.

La régulation des transferts a dépassé le cadre d’une régulation départementale de SAMU. Elle a impliqué les médecins intensivistes ou anesthésistes réanimateurs des services hospitaliers ainsi que les Agences Régionales de Santé.

Quels patients transférer ?

Pour y répondre, il faut essayer d’anticiper au maximum l’évolution clinique de chaque patient, à chaque étape de la prise en charge médicale (de l’organisation du transfert à sa réalisation). Il faut également connaitre les contraintes du vecteur de transport choisi (ambulance terrestre, TGV, hélicoptère, avion) ainsi que la qualité des équipes en charge de la continuité des soins du patient durant le trajet (formation, expérience, matériel).

Le cas clinique de chaque patient doit être ramené au contexte locorégional et national pour valider leur éligibilité au voyage.

Dans l’urgence, ce sont d’abord les moyens militaires qui ont été mobilisés. Le nouveau vecteur Airbus A 330 MRTT a été engagé sur ces missions. Ainsi, les vols Morphée (MOdule de Réanimation pour Patient à Haute Elongation) du Service de Santé des Armées ont permis de dégager des territoires métropolitains encombrés de patients sous ventilation mécanique et de mettre en lumière le problème de la forte consommation d’oxygène en vol et les difficultés de contrôle de contagiosité du virus pour les personnels impliqués.

A330 MRTT – ©Ministère des Armées

Aménagement Morphée – ©Ministère des Armées

Lorsque la vague suivante a submergé les territoires ultramarins, ce sont des moyens civils qui ont été mis à contribution : équipes des SAMU de France pour le médical, équipages et logistique des compagnies d’aviation privée (Air Caraïbes, Air Austral).

Sur la base du volontariat, les équipages et les pilotes, ainsi que les opérations des compagnies aériennes ont étudié des configurations de cabines adaptées à l’installation de kits de civières et d’oxygène pour réaliser des vols complexes.

Les administrations de tutelle ont donné les autorisations de transport de patients contagieux, d’emport de grandes quantités d’oxygène (jusqu’à 14 kits de 3200 litres sur Air Caraïbes), oxygène qui entre dans le cadre de transport de matières dangereuses suivant les normes EASA et IATA.

Les équipes médicales engagées ont démontré qu’avec le matériel de soins, de surveillance et de diagnostic adapté, le transport de patients graves ET contagieux était techniquement réalisable avec nos technologies embarquées actuelles.

Cabine Air Caraïbes®, Mission Hippocampe 10 – ©E. Stimpfling

Airbus A350- Départ des malades vers Paris (14 août 2021) – ©Martinique la 1ère

 

Ces vols réalisés avec succès montrent aux professionnels de l’aéromédical – depuis l’infirmier transporteur jusqu’au donneur d’ordre et payeur – que les possibilités actuelles, techniques comme humaines, ont évolué et vont continuer d’évoluer.

Le concept du patient intransportable est dépassé et – pour chaque patient – c’est un calcul bénéfice/risque qui doit primer et pouvoir décider des moyens utiles à mettre en œuvre.

Et si la technologie embarquée est bien identifiée (respirateur , échographe, analyseur de sang…), la formation des acteurs progresse également par l’enseignement, notamment la simulation.

La formation complémentaire apporte aussi son expertise et sa pédagogie et c’est la faculté de médecine d’Angers qui ouvre le mois prochain le Diplôme universitaire de Soins Intensifs en évacuation sanitaire aérienne, dont l’objectif est de former des experts parmi les médecins et infirmiers acteurs dans l’aéromédical. Et pour sa première année, cette formation de haut niveau affiche déjà complet par son nombre de candidats inscrits, venant de toute la France, y compris outremer et de l’étranger.

5 Commentaires

  • PascalR dit :

    Le DU de soins intensifs est certainement à recommander pour les médecins intensivistes, anesthésistes réanimateurs et Urgentiste. Et pourquoi pas l’intégrer à la formation initiale.Maintenant que nos décideurs ont mis en place les évacuations en nombre il faut former plus de praticiens d’autant que d’ouvrir des lit en masse et aux cinq coins de l’hexagone n’est pas réaliste. Il y a fort à parier, hélas, que d’autres épisodes se reproduiront. Conjuguons nos talents, public, civil, militaire et privé
    Pour ma part j’ai fort apprécier cette formation qui m’a bien aider à accomplir mes missions en toute sérénité

    • Herve Raffin dit :

      Merci Pascal pour ton retour.
      Le DU de Soins Intensifs en évacuation sanitaire aérienne reprend les principales thématiques du DU de transports médicalisés et Soins Intensifs en milieu aéronautique que tu avais pu suivre à Paris V, durant ses quatre ans d’existence. C’est à nouveau un lieu d’échange entre les spécialistes de l’hôpital, ou de l’industrie aéronautique, et les acteurs de l’EVASAN de toutes tendances (hélicoptère, avion …). La tenue des présentations en visioconférence nous ouvre à plus d’intervenants, de toutes régions, mais aussi à des candidats situés pour cette première année, sur trois continents.
      Nous ne manquerons pas de relever les points forts de cette formation originale sur ces pages.

  • Thanks for the good article, I hope you continue to work as well.

  • Oulehri dit :

    Vécu tous ça en direct à Mayotte pour Hippocampe1
    Très bien résumé !

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